mercredi 7 mai 2008

LA SORCELLERIE AU MOYENNE AGE

Quelques définitionsAujourd'hui la sorcière ne fait plus peur. Que ce soit au cinéma, dans la littérature ou dans les vitrines pour Halloween, la sorcière a plus une image "magique" que maléfique. Mais ça n'a pas toujours été le cas.Pour preuve, la définition que l'on trouve dans les dictionnaires , qui garde des traces de son lourd passé.De manière commune, le sens attribué aux mots « sorcier » et « sorcellerie » est très négatif : personne qu’on croit en liaison avec le diable et qui peut opérer des maléfices. L’interprétation anthropologique est plus précise et plus « neutre » en ce qui concerne les effets de la sorcellerie : capacité de guérir ou de nuire, propre à un individu au sein d’une société, d’un groupe donné, par des procédés et des rituels magiques. Même si ce volet bénéfique existait aussi, les sorcières de nos Ardennes étaient souvent craintes pour leurs pouvoirs dangereux et les avantages qu’elles pouvaient obtenir était plus souvent d’expédier vos ennemis dans l’au-delà que de répandre la charité et l’amour.Leur alliance supposée avec le diable fut évidemment la principale raison des persécutions qu’elles ont subies. Et par conséquent, ramener une sorcière « dans le droit chemin », c’ était entamer une lutte au nom du Bien, donc de Dieu, contre le Mal, c’est-à-dire Satan, Prince des Ténèbres. Un peu d’histoireAu Moyen Age, en Europe, on parle déjà de pacte avec Satan . Ceci reflète bien le besoin de l’Eglise d’édicter les limites entre le « Bien » et le « Mal ». En réalité, au 11e siècle, la chrétienté démarre la chasse aux hérétiques dont font partie les sorciers. L'inquisition va augmenter ce phénomène. Jusqu’à la fin du 16e siècle, les sorciers et sorcières étaient considérés comme des devins et guérisseurs, ils étaient donc indispensables dans les villages où les habitants étaient superstitieux. On ne connaissait rien du corps humain ni de la nature, c’est pourquoi les maladies, la famine, les tempêtes, la mort étaient vus comme des phénomènes surnaturels qu’il fallait combattre par des moyens tout aussi surnaturels.. Ainsi ceux qui avaient le pouvoir d’entrer en contact avec ces forces étaient utiles pour protéger les villageois.Mais on sait que la plus mauvaise période pour les sorciers fut de la deuxième moitié du 16e à la fin du 17e siècle.Pourquoi cette épidémie de bûchers entre le XVI et le XVIIème siècle?Lors de cette période, la Chrétienté régnait en maître sur l’Europe. Mais, même s’il est vrai que l’Eglise a eu une grande importance dans ce phénomène, ce n’est peut-être pas la seule explication de ce mouvement de masse à travers toute l’Europe. Suite aux nombreux voyages transocéaniques et aux découvertes qui s’ensuivent, les savants sont troublés par rapport à ce que l’Eglise affirme du monde, par exemple sur le géocentrisme, et remettent en question son enseignement. L’essor du Luthéranisme et du Calvinisme ébranle les dogmes, l’unité et l’autorité ecclésiastiques. Enfin, suite à la guerre de Trente Ans, accompagnée de famines et d'épidémies de peste, la population, qui vit dans la terreur, va chercher le réconfort dont elle a besoin. Soit dans d’autres cultes que celui de Dieu, soit dans la poursuite et l’exclusion de celui qui porte malheur, le bouc émissaire, pour écarter le danger .Le pouvoir politique et judiciaire ainsi que l’Eglise vont souvent s’unir pour éliminer ces croyances, restaurer l’unité de la Foi, rétablir la paix sociale et développer le pouvoir central. Dès ce moment l’association de la sorcière au démon et au mal est systématique, lançant alors une véritable chasse aux sorcières.
Les persécutions Pourquoi y-a t-il eu plus de sorcières que de sorciers sur les bûchers ?Selon certains historiens il y a eu un sorcier poursuivi contre dix sorcières exécutées. Ce chiffre est peut-être un peu exagéré mais il n’en reste pas moins que la différence est grande. La tradition et l’Eglise y ont joué leur rôle. On peut dire que ce fait est directement lié à la condition de la femme, considérée alors comme une créature inférieure. Par ailleurs, pour l’Eglise, la femme était un être faible, menteur, celle par qui le mal était arrivé dans le monde, en se laissant tenter par le diable au Paradis terrestre.La Nature féminine, en lui donnant le pouvoir d’enfanter, selon des modalités physiques encore mal connues à l’époque, lui confiait une puissance mystérieuse. Cette fonction lui permettait aussi, en formant avec Satan un couple maudit, de transmettre ses pouvoirs maléfiques. Or on sait que les rites de type sexuel étaient fréquents (Sabbat des sorcières) ou en tout cas fréquemment suspectés dans les activités des sorcières.Elle avait enfin par sa position dans la famille plus de contrôle – et d’occasions d’agir - sur la santé de celle-ci (préparation de la nourriture, soins aux enfants, aux malades, élevage des petits animaux…).Les procèsLes sorcières accusées devaient passer par plusieurs épreuves, comme celle de l’eau ou celle effectuée par le « Piqueur ». Le pacte avec le diable laissait soi-disant une marque particulière sur la peau de la sorcière que les juges étaient chargés de trouver. Cette marque était insensible à la douleur, ainsi le Piqueur bandait les yeux à la sorcière puis il la piquait avec des aiguilles sur tout le corps. Dès qu’il trouvait un endroit insensible, il la faisait avouer ses crimes par la torture. L’épreuve de l’eau consistait à mettre une sorcière pieds et mains liés dans une grande quantité d’eau ; si elle coulait, ce n’était pas une sorcière, si elle flottait, elle en était une car les sorcières savaient défier toutes les lois, y compris celle de la nature. Après avoir avoué, on l’exécutait en la brûlant publiquement.A cette période, la sorcière est donc devenu un bouc émissaire. Le parlement de Paris, par exemple, a envoyé des administrateurs dans les campagnes pour arrêter les pratiques superstitieuses des villageois et pour chasser les personnes qui les détenaient, c'est-à-dire les sorciers et sorcières. Les paysans, terrifiés se sont mis à dénoncer les sorcières par peur d’être dénoncés à leur tour.Qui était Sorcier ? Description de sorcières: « vieilles femmes aigries aux mentons et genoux presque soudés par l’âge, le dos arqué, clopinant sur un bâton, l’œil creux, édenté, le visage raviné, les membres agités de tremblements, marmonnant dans la rue».La vérité est que les femmes qui avaient le malheur de ressembler à cette description risquaient d’être automatiquement étiquetées comme sorcières, alors que souvent, ce n’était que de pauvres vieilles veuves qui n’avaient pas les moyens de vivre autrement.Les "véritables" sorcières ressemblaient la plupart du temps à leurs citoyennes et passaient très souvent incognito dans leur entourage.Sexe : On parle de chasse aux sorcières et non de chasse aux sorciers. Comme on l’a vu plus haut, il y eut effectivement beaucoup plus de poursuite envers les femmes que les hommes. Age : On rencontra beaucoup d’adultes parmi les accusés mais les personnes de plus de 60 ans furent en très grand nombre. Le maléfice était un art. Elles avaient donc dû apprendre leur savoir, y devenir expérimentées. Les femmes âgées étaient donc plus suspectes que les jeunes.

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